Des militants de La France insoumise ont tout fait pour annuler le concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble le week-end dernier.
Après avoir demandé à la mairie, en vain, qu’elle ne se représente pas, ils ont fini par saboter le show en hurlant des slogans face à elle et en lui jetant des bouteilles en verre. Les Insoumis reprochent à l’artiste d’avoir signé une tribune pour défendre la loi Yadan. Ce texte, finalement renvoyé aux calendes grecques, devait lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme. Mais la gauche radicale lui reproche de vouloir museler son combat contre les exactions du gouvernement israélien à Gaza. En tant que juive qui subit le regain des actes antisémites en France, Barbara Butch a tenu à apporter son soutien à l’initiative malgré tout.
La manœuvre de LFI a choqué. D’autant que l’artiste, au-delà de sa judéité, est une femme de gauche, homosexuelle revendiquée et militante LGBTQIA+, critique du gouvernement israélien. Elle s’était déjà fait traîner dans la boue par l’extrême droite après la cérémonie d’ouverture des JO à Paris où elle a occupé une place centrale. «Antisémitisme», «chasse aux artistes juifs», «méthodes totalitaires»... Face aux critiques, les mélenchonistes ont préféré jouer la carte de l’indifférence. Pas question de s’excuser ou de reconnaître une erreur. Jean-Luc Mélenchon garde en mémoire le précédent de son ami Jeremy Corbyn en Angleterre. Accusé d’antisémitisme, le leader de la gauche britannique avait fini par s’excuser. Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon avait alors analysé ce repentir comme une «faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires» et conduit à la chute de l’homme de gauche. Il s’agit donc d’éviter ce schéma de ce côté-ci de la Manche, quitte à choquer.
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