Ouvrir dans le navigateur Aujourd’hui, on vous parle des grandes fortunes françaises, de l’euro numérique retardé de cinq ans, du don d’ovocytes en Inde, du RN qui se fout bien du climat à l’Assemblée, et des raisons pour lesquelles Marianne fait toujours débat. 👀 A dans 5 minutes. #BULLETIN DE SANTÉÇa se joue au sac prèsOuf, la famille Arnault a repris la tête du classement annuel des 500 plus grandes fortunes françaises publié par Challenges (détenu à 100% par LVMH), avec 121,2 milliards d'euros de patrimoine. Le règne de la famille Hermès n’aura duré que douze mois, le temps que LVMH remonte à 250 milliards de capitalisation boursière. Suivent en 3ème position les Wertheimer, propriétaires de Chanel (95 milliards d'euros).
Ce palmarès confirme le poids structurel du luxe dans le capital français : Arnault, Hermès, Chanel et L'Oréal occupent les toutes premières places, un socle qui reste stable même quand le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes recule. Pendant que Bercy, qui est encore à la recherche de 100 milliards d’euros, hésite entre les retraités et les fonctionnaires, les milliardaires eux, se multiplient comme des champignons. On en compte 153 sur tout le territoire (contre 145 l’année dernière). C’est peut-être ça ce qu’on appelle le ruissellement finalement. Cliquez ici pour vous abonner à Culture Elite en un clic.
Mise à jour de l’EuropeC'est officiel : après cinq ans de gestation, le Parlement européen a validé le 10 juillet le cadre juridique de l'euro numérique, une version dématérialisée de la monnaie européenne, émise directement par la BCE, utilisable pour payer en ligne ou en boutique sans passer par Visa ou Mastercard. Le podcast Maintenant Vous Savez le vend comme une "révolution des paiements", mais c’est plutôt une panique généralisée. D’après Euronews, Visa et Mastercard captent 61 % des paiements par carte en zone euro et quasiment 100 % du transfrontalier, tandis que les stablecoins adossés au dollar monopolisent 98 % des flux en finance décentralisée. En gros, lorsque l’on achète une baguette de pain au fin fond de la Creuse, on finance des entreprises américaines. Mais pendant que Bruxelles bureaucratise, la Chine a déjà déployé son yuan numérique et Trump mise sur les stablecoins privés en dollar.
L'Europe arrive en retard, mais avec un beau règlement. Le déploiement à grande échelle est prévu pour 2029 (sauf accident). Pour vous abonner à Maintenant vous savez, un clic suffit Des usines à ovocytesQuinze personnes viennent d'être inculpées dans l'État indien du Maharashtra pour avoir organisé un réseau d'exploitation de femmes précaires autour du don d'ovocytes, dont cinq médecins. Comme le rapporte Courrier International, une seule donneuse aurait cédé ses ovocytes 37 fois alors que la loi indienne n'en autorise qu'un cycle par vie. Tarif : 200 à 350 euros par extraction.
Le scandale s'inscrit dans un marché mondial de la reproduction assistée que Bloomberg chiffre à 35 milliards de dollars, où les grosses cliniques indiennes sont souvent adossées à des capitaux américains, et où le nombre d'embryons créés à partir de dons a doublé en dix ans. Comme toujours, la précarité des uns fait le bénéfice des autres. À lire sur Courrier International PENDANT CE TEMPS LE RN N’EST PAS TRÈS CHAUD SUR LE CLIMATBon Pote a passé le week-end à éplucher les votes du groupe RN à l'Assemblée nationale : sur 259 votes concernant l'adaptation au réchauffement climatique depuis l'été 2022 (canicules, sécheresses, feux, inondations), les députés de Marine Le Pen ont voté en faveur de ces politiques dans seulement 16 % des cas. Un chiffre à croiser avec une précédente analyse du même média : le RN a par ailleurs voté à 78 % pour maintenir la consommation d'énergies fossiles des Français. Autrement dit, ni côté prévention (baisser les émissions), ni côté encaissement (préparer les territoires aux dégâts).
Le tableau tombe au bon moment : le Haut Conseil pour le Climat vient encore de juger "insuffisante" la trajectoire climatique française, et une troisième canicule mortelle en trois ans est en cours. Pendant que le pays cuit, le premier groupe de l'Assemblée reste, lui, remarquablement au frais. Lisez l’analyse complète sur Bon Pote #L’ANGLE MORT| LE BRUIT Marianne fait débat, encore. Après plusieurs changements de visage au gré des célébrités (Bardot, Deneuve, Mathieu, Casta), une proposition de loi Les Républicains pour rendre son buste obligatoire dans toutes les mairies de France, Marianne continuent s’enflammer passionnément tous les camps politiques qui se la disputent : Manif pour tous, gilets jaunes, féministes, militants pro-Gaza s'en revendiquent tour à tour. | LE SIGNAL Pourtant, si la République est une femme, les femmes de la République ne s'en portent pas mieux pour autant.
En 2024, elles ne représentaient que 36 % des députés à l'Assemblée nationale, aucune femme n'a jamais été élue présidente et plus de 100 féminicides sont comptabilisés chaque année en France. | ANGLE MORT Le vrai sujet, comme le décrypte The Conversation, c'est que Marianne "reste forte et acceptable uniquement lorsqu'elle demeure désincarnée, fictive et sans identité". Chaque fois qu'on a voulu lui donner un vrai visage, ça a fini en polémique : la sénatrice Fabienne Keller avait proposé Simone Veil en 2019, projet abandonné. La République accepte volontiers une femme symbolique, tant qu'elle ne parle pas, ne vote pas et ne demande pas la parité au Sénat. | ET ÇA MARCHE Parce qu'un buste ne fait pas grève, ne dépose pas de plainte, ne demande pas d'augmentation et ne se présente pas aux primaires.
Il coûte moins cher qu'une réforme, occupe l'espace symbolique sans peser sur le budget de l'État, et permet à tout le monde de brandir le mot "République" sans jamais avoir à l'incarner. Marianne, c'est la meilleure preuve que la France sait honorer les femmes, tant qu'elles restent de marbre. Analyse complète à retrouver sur The Conversation.